S’habille-t-on de la même façon à Paris et en province ?

mode-personnelle, publié le , mis à jour à

Pull et jupe en velours Petite Mendigote

La réflexion d’une lectrice sur sa crainte de sembler trop excentrique pour sa petite ville de province (je cite) me donne envie de réagir sur ce clivage Paris / province. Réel ou fantasmé ? Il y a quelques années, j’avais déjà écrit à ce sujet : poser la question m’avait valu des injures de la part de personnes qui ne me connaissent pas et n’avaient visiblement pas compris qu’il s’agissait juste d’actualiser un vieux débat, pas de me poser en Parisienne, que je ne suis d’ailleurs que d’adoption.

J’ai vécu dans le grand Est de la France, à Nancy, jusqu’à mes 22 ans avec un rapport particulier à la mode. Je n’avais pas l’envie, ni les moyens de suivre les tendances à tout prix. Pas pour faire mieux que les autres mais pour satisfaire une certaine singularité. J’ai eu la chance d’avoir une mère couturière auprès de laquelle je pouvais passer commande de vêtements « particuliers ». Je me souviens d’un sarouel en chintz avec des grosses tulipes, d’un manteau-liquette oversize bordé d’un liseré rouge, d’une veste en tissu d’ameublement avec des fleurs acidulées… Je n’ai jamais entendu de remarques particulières à propos de mon look. Ou n’ai-je pas voulu les entendre. Bref, malgré ma timidité et ma nature réservée, mon goût pour les vêtements a dépassé la crainte du jugement et m’a permis de m’affirmer.

Des manches bi-colores qui assurent le style sans en faire trop
Manteau en pure laine Elise Chalmin

Dans ma pratique de thérapeute – et de styliste personnelle -, on me parle beaucoup du regard des autres. De la peur – très compréhensible – qui empêche de s’habiller comme on le souhaiterait. À travers les propos de mes clientes et vos commentaires, je vous confirme que cette peur existe aussi à Paris.

le fameux col qui fait débat – on aime ou on déteste que l’on soit à Paris ou en province
Pull en coton La Redoute Collections
les mocassins (ou les Birk) avec des chaussettes qui tirebouchonnent, un tic mode qui n’est pas réservé aux Parisiennes
Mocassins argent Sœur x La Redoute Collections

On pense souvent qu’il est plus facile d’être « originale » dans la capitale. Peut-être.

Les Parisiens sont-ils juste moins critiques ou plus indifférents ?

Un mix de teintes audacieuses ou faciles ?
Pantalon et Chemisier FRNCH
le léopard peut encore intimider à Paris et en province
Veste réversible El Cortes Ingles

C’est indéniable, on ne s’habille pas partout de la même façon. Question de choix, de météo, de culture… À Paris aussi, même si c’est cliché de le dire, il y a des différences selon les quartiers. Des tribus facilement reconnaissables.

En-dehors de Paris, vous vous plaignez de ne trouver que des grandes enseignes et peu de petits créateurs, de marques qui vous font envie ou de dépôts-ventes. Surtout pour les grandes tailles. Mais c’est le bonheur quand vous êtes en phase avec une « petite boutique » qui sait dénicher des trésors. Même si, me fait-on remarquer, toutes les filles qui aiment les fringues connaissent l’adresse et risquent de porter les mêmes pièces que vous.

Faute de trouver votre bonheur à votre taille, la vente en ligne de neuf ou de seconde main, est souvent la solution que vous préconisez. Je propose d’ailleurs des séances d’essayage en visio pour valider chaque pièce et trouver des associations avant de renvoyer les moins flatteuses et les moins cohérentes avec son style.

Aimez-vous le pantalon paperbag en simili ?
À trouver en boutique ou en ligne – ici très soldé chez Cache Cache

Le volume, la couleur, les baskets… le trio mode du moment ici et là-bas
Robe La Redoute Collections
La salopette interroge encore à Paris ou à Nancy – question de goût ou de regard
Salopette Mode Trotter
Le chemisier se porte (partout ?) avec un sous-pull dessous
Chemisier fleuri en coton Monoprix

À Paris et ailleurs, il y a toujours une façon d’affiner son style, de suivre ou non la mode et de s’amuser avec sa penderie.

Lorsqu’on se sent alignée dans ses choix, c’est plus simple de s’éloigner des critiques, qui, d’ailleurs, ne parlent pas de vous mais de la personne qui les prononce.

De toute façon, quelle que soit votre tenue, vous ne pourrez pas empêcher l’autre d’avoir un avis sur ce que vous portez. Que ce soit à Paris ou en province.

Qu’en pensez-vous, les amies ?

J’en profite pour vous donner rendez-vous : vendredi 19 à 20h, je serai en direct sur mon compte instagram avec @madeinestel pour parler couture. Enseignante, cette jeune femme pétillante vit en Picardie où elle partage joyeusement ses tutos couture sur instagram. Ce sera l’occasion de lui poser des questions : comment coudre un ourlet, customiser ses vêtements, par quoi commencer quand on veut coudre, quels sont les conseils pour choisir du tissu sur internet… J’espère que vous serez là !

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41 commentaires

Avatar de Natginger

Natginger

Bonjour Isabelle, tu m’as bien fait rire avec ton sarouel à grosses tulipes!. Je pense que tu as raison, à Paris aussi je crois qu’on peut être critiquée si j’en crois ce que disait Louise Ebel (Miss Pandora) sur son blog il y a quelques années, dans un article où elle revenait de voyage et trouvait que les Parisiens la regardaient de travers parce qu’elle portait un tailleur pantalon coloré ( ou autre chose, ou peut-être que je fais un mix de tout ça!). Cela m’avait choquée, car si je peux bien imaginer que tout le monde à Paris n’est pas accro à la mode ni préoccupé par son allure, il me semblait que de voir une jeune femme habillée avec soin, avec de l’allure, etc. ne devait pas être si peu courant à Paris. Bien que lorsqu’on s’y balade, il y a plus de silhouettes lambda que particulières, mais bon…. Tout dépend certainement des quartiers, aussi. Sinon, une ville où vraiment j’ai eu l’impression qu’on pouvait tout porter, c’était Londres, il y a 20 ans que je n’y suis pas retournée, mais cela m’avait vraiment semblé incroyable (et bien sûr j’avais ramené des trucs que je trouvais sans grâce une fois revenue ici, notamment un pantalon vert pomme acide….). Bonne journée!


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    Avatar de Scampi

    Scampi

    @Natginger : je confirme pour Londres !! On peut se balader habillé n’importe comment, tout le monde s’en fiche… C’est génial 😀


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      Avatar de Emmanuelle

      Emmanuelle

      @Scampi :


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        Avatar de Emmanuelle

        Emmanuelle

        @Emmanuelle : oups
        Je confirme et pas seulement à Londres, pour avoir vécu à Cambridge, je pouvais porter ce que je voulais, personne n’a de jugement ou s’en fiche 🙂


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          Avatar de Natginger

          Natginger

          @Emmanuelle : oui c’est vraiment l’impression que cela m’avait fait!


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      Avatar de Guylène

      Guylène

      c’est evidemment Londres la ville idéale pour s’habiller comme on veut sans regard jugeant
      sinon j’ai l impression que plus on se rapproche de Paris et plus la ville est grande , plus c’est facile d être originale , le regard des autres est plus habitué je pense


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    @Natginger : c’est cliché mais je trouve les Anglaises, les Italiennes et les Danoises – du moins celles qui aiment la mode – plus audacieuses que les Françaises. A Paris, on est plus sobre (snob ?). En tout cas, le look parisien est plus classique que celui de Louise qui cultive une vraie singularité.


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      Avatar de Natginger

      Natginger

      @mode-personnelle : Ah c’est sûr, Louise est superbe!


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Avatar de Scampi

Scampi

Tout à fait d’accord ! Mais je me suis fait la réflexion en arrivant à Paris après avoir vécu deux ans sur la Côte d’Azur, j’ai rangé mes shorts et mes minijupes au placard et ils n’en sont plus jamais sortis – et pas que pour des raisons de température…
Je vis à Nantes aujourd’hui, grande ville assez branchée, mais je prévois d’acheter une maison à la campagne un jour. Je me permets toutes les excentricités possibles maintenant (la dernière : un manteau léopard années 60) en sachant que je finirai par porter des polaires Quechua et des bottes Aigle d’ici quelques années…

ps : très envie de voir le sarouel à tulipes et la veste tapisserie !!


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    @Scampi : Malheureusement, je n’ai plus ces pièces et je les regrette ! Elles auraient fait partie de mon musée.
    PS : à la campagne aussi, on s’amuse avec le style 😉


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Avatar de Marine

Marine

Je pense que dans une petite ville, on passe moins incognito. Les gens se regardent plus.
J’ai grandi à Nancy également. Et chaque fois que je portais quelquechose d’un peu original ou une paire de talons (je mesure déjà 1m76) je sentais les regards sur moi dans la rue. J’en portais donc très peu (j’étais beaucoup plus timide à cette époque et tous ces regards me gênaient). Aujourd’hui je vis à Paris et je porte ce que je veux, sans subir ces regards (après, c’est peut être aussi que j’ai gagné en confiance en moi).


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    mode-personnelle

    @Marine : bien sûr, c’est aussi une question de confiance… Et aussi de ce qu’on projette dans le vêtement. A Nancy, je n’étais pas spécialement extravertie (je ne le suis toujours pas) mais ma garde-robe m’a sans doute aidé à m’affirmer.


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    Avatar de Anne

    Anne

    @Marine : effectivement on est plus dans l’anonymat à Paris qu’à Nancy 😉


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sof

Pas sûr que ce soit uniquement une nuance Paris / province. Je dirais plutôt qu’il y a un écart grandes villes / reste de la France. J’ai habité à Lille et à Strasbourg et clairement, quoi que tu portes là-bas, ça passe, les gens sont habitués à tout. Maintenant, dans mon village de 600 âmes, il y a des choses qui choquent plus !! Clairement, ici, si tu portes des collants résille, même avec une jupe de longueur midi, tout le monde va chuchoter dans ton dos. Quant à trouver des vêtements sympa quand on vit dans un trou, oui c’est compliqué, d’autant plus quand on est ronde. Vive internet et le fait main quand on sait faire, bien sûr…
Je pense qu’il y a aussi le milieu pro qui compte. Au boulot, je mets ce que je veux. Je ne suis pas en contact avec des clients, j’évolue dans un secteur “littéraire” on va dire, où les excentricités vestimentaires ne choquent personne.Je me prends plus la tête avec ce que je porte pour aller chercher mes enfants à l’école qu’avec ce que je porte au boulot…


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    mode-personnelle

    @sof : les gens chuchotent-ils vraiment ? Et si oui, pour dire quoi ? Peut-être envient-ils ton style. On ne peut pas empêcher les autres de nous juger sur notre apparence alors autant se faire plaisir. 🙂


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Isabelle

Bonjour Isabelle,
Je me souviens que lorsque j’habitais dans le 18e, je ne sentais pas le regard des gens lorsque je portais des vêtements “particuliers”. En revanche, j’ai emménagé (bien malgré moi) dans une banlieue chic limitrophe de Paris il y a 13 ans et là j’ai tout de suite vu que mes pièces particulières détonnaient (je pense notamment à une paire de bottes de couleur avec des empiècements).
Depuis, j’ai revu ma façon de m’habiller, avec des pièces plus “classiques” mais toujours accompagnées d’une autre qui vient donner un petit twist à l’ensemble.
Je me demande donc s’il n’existe pas aussi une autre strate selon les classes sociales et pas seulement selon l’origine géographique…
En tout cas merci pour ce post et toute la réflexion qu’il engage 🙂
Bonne journée!


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    Avatar de eveange66

    eveange66

    @Isabelle : dommage de se sentir en décalage pour des vêtements. La pression sociale est si forte, parfois on se l’impose à soi même pour pas grand chose, un sentiment..
    Le fait de porter des vêtements plus classiques vous a t il permit de mieux vous intégrer ?


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    @Isabelle : c’est certain, il y a aussi des strates liées au milieu socioprofessionnelle, à l’éducation, aux régions…
    L’idéal est de trouver sa place sans mettre ses envies, ni sa personnalité de côté. Un équilibre qui peut varier.


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christine

Je n’ai pas l’impression qu’il y ait une différence entre Paris et la province en regardant ma clientèle aussi bien provinciale que parisienne.
Par contre en France il y a beaucoup plus de critiques que dans certains pays comme l’Angleterre, le Brésil…


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    mode-personnelle

    @christine : aaah les critiques… je veux bien te croire. Et ça me désole.


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    Avatar de Natginger

    Natginger

    @christine : C’est vrai qu’au Brésil, il y a fort longtemps quand j’y passais des jours de vacances, j’avais trouvé que les gens ne se jugeaient pas! Cela m’avait beaucoup plu!


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Avatar de alexa

alexa

Sans vouloir généraliser, je pense qu’en France on “n’ose” pas assez si on compare avec Londres ou Berlin.
J’ai toujours été admirative des Anglaises qui se fichent de la météo (entre autres) et peuvent sortir sans manche et sans collant même par les plus grands froids sans perdre de leur superbe!!!


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    @alexa : elles sont épatantes, ces Anglaises ! Je suis d’accord, je l’ai dit plus haut, le look français (attention, grosse généralité) est moins sophistiqué que celui de nos amies danoises, italiennes ou anglaises.


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Avatar de Manou

Manou

Sujet qui a éveillé des souvenirs! Ma mère n’était pas couturière mais la machine à coudre fonctionnait à fond entre toutes les filles de la famille! C’était l’époque du magazine 100 IDEES, et j’ai porté avec joie pantalon en toile à matelas rayé rose ou veste toujours en toile à matelas mais à grosses fleurs; notre style n’était pas bobo, plutôt babacool, et notre boutique de prédilection, c’était le Rastro, les puces de Madrid (ma mère avait écrit un petit poème : J’irai plus au Rastro, au Rastro y’a qu’des trous, et des trous j’en ai trop! Des trous dans mon budget, des trous dans ma passoire… Et je le récite de mémoire!) . A l’époque, il me semblait IMPENSABLE de me contenter d’un jean +pull; l’extravagance vestimentaire n’était même pas un but, C’ETAIT, tout simplement. Chaleco (petit gilet) de torero, ou bottes de cowboy blanches sur collant rayé marin… rien de m’arrêtait. J’ai perdu ce petit grain de folie de ma jeunesse… quelle tristesse! Et tout n’est que doute à présent;alors je redécouvre petit à petit le pouvoir des vêtements; Et vive le blog d’Isabelle qui me redonne le goût de la fantaisie!


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    @Manou : quel chouette poème ! Merci de nous le confier 🙂
    C’est une chance d’avoir connu ce goût prononcé du vêtement, il n’est certainement pas très loin. L’envie de (re)jouer va émerger, j’en suis sûre.


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Avatar de Chti'stelle

Chti'stelle

J’ai habité Paris et la province, j’ai vécu en France et à l’étranger (Milan, Berlin). Des différences existent c’est certain et je m’y suis adaptée en douceur sans renoncer à mes “principes” ! Ce qui compte plus que tout pour moi c’est la diversité vestimentaire. Curieusement j’ai été un peu malheureuse à Milan où la pression vestimentaire est forte et où le style chic et très mode domine. Difficile de se sentir en confiance dans une ville où une fille sur 10 est mannequin et où tout le monde semble avoir fait des études de mode et de style ! Super facile en revanche à Berlin de passer pour une parisienne chic et élégante, un rien suffit !


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    @Chti’stelle : c’est drôle ces différences subtiles, ce sentiment de subir une pression ou non… Peut-être dépendant de ce qu’on vit et des émotions traversées à ce moment-là.


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Avatar de eveange66

eveange66

Ahh mais quel sujet encore une fois.
Un sujet où personne ne sera d’accord et où tout le monde aura raison bien sur, car nous avons tous nos expériences…
Tu le sens Isabelle le long laius qui se prépare… En plus, je suis sur ordinateur !
De toutes les façons, quoi que l’on porte, ou pas, cela suscitera toujours des remarques qui seront exprimées verbalement ou implicitement.
Enfant des années 70 et 80, j’ai vécu avec les couleurs à fond, parfois dans des mélanges improbables, avec des soeurs ainées en pleine période baba cool (ah le superbe manteau afghan d’une de mes soeurs avec ses magnifiques borderies colorées, je le regrette celui là ainsi que d’autres choses), cela à formé mon gout pour les couleurs, mais aussi pour les articles de qualité et de bonne coupe. Et, circonstances supplémentaires, une mère couturière dans un grand magazine parisien des années 50-60 et le côté italien smart instillé par mon père et ma grand mère..
Bref, tout ça pour dire que des remarques, j’en ai eu, aussi, car je déteste les non couleurs qui, hélas, dominent en France depuis, disons, 25 ans : le noir, le taupe, le gris…
Il serait intéressant, historiquement et sociologiquement, de savoir pourquoi la France, longtemps terre de couleurs et de mode, à évolué ainsi.
Pour rappel, nous humains, nous aimons les boites, les catégories, faire partie d’un groupe, d’un clan bien identifié.
Diverger, même un peu, provoque des remarques bien sur.
Quand je m’habillais aux Puces de Montreuil et Clignancourt étant étudiante, avec des vêtements colorés (ah mon trench en daim vert acide à col pelle à tarte assumé !!), ça passait plus ou moins car, bien sur, j’étais étudiante, il faut bien que jeunesse se passe ?
Il y a des différences de port de vêtements bien sur, dus à de multiples raisons et plus ou moins fortes : avoir des l’argent, un peu, beaucoup, la classe sociale à laquelle on appartient (les parents…), le lieu géographique, le style de vie, Paris, la banlieue proche


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    Avatar de eveange66

    eveange66

    @eveange66 : …ou plus lointaine, les grandes villes, les villages, le Nord, le Sud, le climat… bref, on ne s’en sort plus !
    Ici où je vis, c’est la banlieue très proche de Paris, au delà du périph, celle que les dirigeants et la France ignorent depuis des décennies, la banlieue ghetto. Ici, la majorité des personnes qui y vivent ont un revenu minime, voire des aides, des origines géographiques très diverses et… Primark ou bien les vidéos Youtube comme modèle, pour les plus jeunes. Ici aussi, il y a une sorte d’uniforme et quand on s’habille différemment, il y a bien sur des regards. Surtout si l’on voit que les vêtements sont couteux. Par contre, afficher des grandes marques ça, ça le fait !!
    Enfant, j’ai eu ma période garçon manqué, dandy, avec chemise, veste, cravate (milles merci à mon père qui m’accompagnait, à son corps défendant, dans les boutiques pour garçon/hommes). Je n’ai jamais eu de remarques autour de moi ni dans mon lycée, ni encore quand j’ai eu ma période footballeuse en survêtement et basket (oui à l’époque, ça s’appelait comme ça).
    Jamais eu non plus de remarques quand je vivais au Havre. Et encore moins maintenant où, passé 50 ans, je me fiche royalement des remarques ou rires en coulisse des enfants dans la rue en basket et jeans, l’uniforme quoi. Tu sais bien Isabelle que j’ai toujours résisté à cet uniforme et ce depuis des années. Le conforme, la conformité, ce n’est pas moi.
    Oui bien sur qu’il y a des différences entre Paris et la province, et alors ?? !! Est ce que l’un est meilleure ou supérieure à l’autre ? NON !
    Ayez confiance en vous, en vos couleurs, les remarques et couleurs ne vont pas vous tuer, mais montrer combien votre “moi” votre intérieur est aussi chaleureux et coloré.
    C’est pourquoi aussi j’insiste, ne vous laissez pas entrainer par le côté trop confortable des vêtements du moment, c’est trop facile. Mettez des couleurs, et zut aux remarques.


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      Avatar de mode-personnelle

      mode-personnelle

      @eveange66 : quel merveilleux laïus ! Je n’ai plus rien à dire si ce n’est que chacun fait sans doute au mieux avec une garde-robe qui n’est jamais figée, qui peut toujours évoluer. Quelle merveilleuse thérapie que le vêtement dans lequel on se sent forte et en sécurité.


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      Avatar de Scampi

      Scampi

      @eveange66 : tout à fait d’accord avec vous, je sature de nos hivers à base de « noir taupe camel beige gris marron »… au secours !!


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Avatar de rouletabille

rouletabille

et voilà à lire toutes ces remarques des souvenirs, des émotions remontent, une vraie boule dans la gorge à évoquer les regards en coin, les jugements stupides, l’étroitesse d’esprit de ma province natale, comme si ne pas se couler dans le moule commun allait porter atteinte à la communauté… parisienne depuis plus de 30 ans je me suis toujours sentie plus libre ici. Mais en effet les choses ont sans doute évolué, il y a plus de choix et plus de repères communs à tous je pense. Et big up pour le magazine 100 idées que j’adorais et qui nous apportait un regard si neuf pour l’époque


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    @rouletabille : cela peut être très dur de prendre de plein fouet les regards critiques mais on peut apprendre à s’en détacher pour qu’ils ne fassent plus mal. C’est un cheminement qui peut passer par des remises en cause plus profondes. Et puis, il y a des périodes où on se sent plus fragile.


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Avatar de Natginger

Natginger

Après avoir lu tous les commentaires, je vous propose à toutes de regarder un épisode de n’importe quelle saison de la série Agatha Raisin: voila un personnage, une Anglaise, adorable, chiquissime, toujours habillée de couleurs vives et de chapeaux extravagants, avec des sacs à main magnifiques , un vrai régal des yeux. La série est amusante et comme elle sévit dans un village d’Angleterre, je souris à chacune de ses apparitions, car bien sûr on ne voit qu’elle…. Elle est censée être détective privée 🙂 Cherchez les images correspondant à Agatha Raisin sur Google, et vous verrez….


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    @Natginger : merci pour la découverte ! C’est ça le plus drôle, être le point de mire alors qu’il faudrait passer inaperçue… So british !


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Avatar de Dine

Dine

Quand j’observe les parisiennes, je vois beaucoup de noir, de gris (et souvent des cheveux sales).. Autant dire que je trouve cela décevant. Mais je comprends que les transports en commun ne facilitent pas le jean blanc, et peut-être qu’en optant pour des couleurs passe-muraille, elles préfèrent se fondre dans la masse et ne pas trop attirer les regards. Chaque fois que j’ai vu une femme hyper chic, ou hyper mode, ou hyper élégante dans Paris, c’était toujours une étrangère ! (Suis d’accord avec le trio anglaise-danoise-italienne. J’y ajouterais les sud-américaines et les libanaises souvent chiquissimes).
Concernant les provinciales, pardon, et sans vouloir offenser, il y a province et province. De mémoire, les aixoises s’habillent remarquablement. Généralement, les femmes du sud n’ont pas peur des couleurs (et c’est drôlement flatteur); celles de la Côte d’Azur se permettent pas mal d’excentricités. Je remarque que la tenue, les habits sont importants dans ces régions. Et c’est réjouissant.


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    mode-personnelle

    @Dine : ouf, je me lave les cheveux tous les deux jours 😉
    Cette réflexion me fait penser à un passage de mon livre “You’re so French” sur le style français où un Américain commente son incompréhension du succès de Vanessa Paradis, “cette fille mal fagotée aux cheveux sales” (je cite). En effet, pour généraliser, les Françaises sont beaucoup moins apprêtées que ces Américaines qui n’envisagent pas de sortir de chez elles sans brushing, ni manucure.


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Avatar de Pascale

Pascale

Peut-être aussi que la différence entre les provinces et Paris se situe au niveau des metiers exercés. Je travaille en Lorraine dans la siderurgie au milieu d une usine, seule femme ou presque au milieu de 100 bonhommes. On ne s habille pas de la même façon que pour des travails plus “tertiaires”. C’est dit sans jugement, juste une observation. Et a Paris on ne trouve pas beaucoup d’usine 😉. Et j ai vécu a Nancy jusqu’à mes 22 ans aussi !


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    @Pascale : oui, c’est très juste… il m’arrive souvent d’habiller des femmes qui travaillent dans des milieux essentiellement masculins, notamment sur des chantiers.
    Team Lorraine 😉


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Avatar de Natginger

Natginger

En tout cas, en ce lundi 22/02, bonne fête Isabelle! 🙂


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    @Natginger : merci beaucoup !!!! 🙂


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Oui, c'est possible de suivre les tendances sans ressembler à tout le monde. Oui, il y a plusieurs façons d'exister. Même si on n'a plus 25 ans, on peut inventer son style. Oser. S'amuser. Et se mettre en mode personnel. Je suis une spécialiste de la penderie heureuse, un guide qui vous aide à ne ressembler qu'à vous-même...

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