Ces vêtements “trop beaux” qui patientent encore dans votre penderie

mode-personnelle, publié le , mis à jour à

La semaine dernière, j’ai rencontré une jeune femme désappointée de ne pas réussir à porter son sublime sac Claris Virot tout beau tout neuf. « Je n’ai pas l’habitude de dépenser autant d’argent pour moi. Quand j’ai fini par me l’offrir, j’ai été partagée entre l’excitation et la culpabilité. Je me suis dit que je ne méritais pas ce sac. J’ai peur de l’abîmer, de le tacher, de l’oublier alors que je suis soigneuse et que je n’ai jamais rien perdu.

En réalité, j’ai peur d’être jugée, de passer pour une modeuse frivole dans mon travail. C’est quand même idiot de ne pas assumer ce sac merveilleux ! Résultat, je me trimballe avec ma vieillerie démodée que je ne supporte plus. »

Si certaines ont une frénésie de profiter immédiatement de leur achat (=  « Ne l’emballez pas, je le porte tout de suite ! » ), d’autres gardent le joli paquet précieusement emballé dans du papier de soie et rangent le trésor dans leur penderie. Comme si elles avaient eu les yeux plus gros que le ventre.

Cette manière de laisser une pièce neuve dans sa penderie peut rappeler des souvenirs d’enfance : les vêtements hérités des aînées ou les neufs qu’il ne fallait pas porter avant d’avoir user les plus anciens. Pas toujours simple d’enfreindre les règles familiales. Réagir peut aussi guérir !

Et puis, avec la prise de conscience écologique et sociale actuelle, c’est parfois compliqué d’assumer ses achats. J’ai déjà entendu des « Je participe à polluer la planète en achetant du neuf » ou « C’est indécent de se promener avec un sac ou un vêtement cher alors que des gens dorment dans la rue ». Indépendamment de la question éthique, on peut aussi culpabiliser de porter une pièce de seconde main griffée.

Mais voilà, l’achat est fait ! Alors que faire ?

– Auriez-vous donné l’argent qu’il vous a coûté à une association caritative ?

– Avez-vous envie de donner ou de revendre vos belles endormies ou préférez-vous en profiter ?

– S’ils restent inaccessibles sur leur piédestal, est-ce que ça veut dire que le reste de votre penderie n’en vaut pas la peine ?

Commencez à les apprivoiser.

A les « désacraliser », à les bichonner, les entretenir avec soin et amour pour garder leur magie et éviter de les « banaliser ».

Sortez-les, beaucoup, trouvez des associations. Mélangez. Avec de l’ancien. Du cheap. Du moins chic. Ils vont donner de la valeur à des vêtements plus « basiques ».

Porter des belles pièces apprend à apprécier la valeur d’une matière, d’une coupe, des finitions… C’est une façon d’aiguiser son regard, de devenir plus exigeante, d’acheter moins et mieux.

Les vêtements et les accessoires dont on a rêvés se portent souvent plus longtemps. Ils se patinent avec le temps, on les « rentabilise »… donc on culpabilise moins !

Qu’en pensez-vous ?

Les prochains ATELIERS Mode Personnel(le) sont programmés !

FAITES DU SHOPPING DANS VOTRE PENDERIE

samedi 11 janvier 2020 de 10 à 13 h

  • Que garder, que donner
  • Donner une nouvelle vie à ses vêtements
  • Jouer avec les couleurs et les imprimés
  • Construire une garde-robe qui vous ressemble

PIMENTEZ VOTRE GARDE-ROBE

samedi 29 février 2020 de 10 à 13 h

  • Combien de vêtements avoir
  • Reconnaître les essentiels de son dressing
  • Sortir des basiques sans se tromper
  • Combiner les bons accessoires

TARIF : 60 euros (le paiement fait office d’inscription)

Les ateliers sont réservés aux non-professionnels 

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32 commentaires

matchingpoints

C’est encore un résidu de notre éducation, garder les belles choses, avoir quelques vêtements pour le dimanche …mais justement, nous les mettons, nous les rentabilisons, il était temps ! A part la robe de soirée… 😉


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    J’encourage toujours à porter rapidement les vêtements achetés pour stopper ces résidus qui trainent parfois des années après.


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    Avatar de make money online in south africa

    make money online in south africa

    @matchingpoints : J’encourage toujours à porter rapidement les vêtements achetés pour stopper ces résidus qui trainent parfois des années après.


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    @matchingpoints :J’encourage toujours à porter rapidement les vêtements achetés pour stopper ces résidus qui trainent parfois des années après.


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Avatar de Chti'stelle

Chti'stelle

J’ai déjà vécu ces dilemmes et ce désagréable mélange d’excitation et culpabilité. A l’analyse, le temps passant, je me demande si l’explication n’est pas à rechercher dans la déception par rapport à l’objet convoité. On comptait sur lui pour nous donner un shoot de bonheur (et on ose le payer cher pour ça), mais finalement au fond de nous on sait confusément qu’il ne tiendra pas ses promesses. Alors on recule le moment de le porter, pour ne pas affronter la déception, éviter réaliser trop vite qu’on l’aime moins qu’on ne voudrait l’aimer. Quand l’adéquation est idéale entre soi et l’objet, je trouve qu’il est plus rare de différer le moment de le porter et de trouver tout un tas de raisons qui expliqueraient notre réticence. La source principale du problème à mon avis, c’est qu’on aime l’objet, mais qu’il ne correspond pas assez à soi. Bon, voilà, c’est mon analyse psy du mercredi que je soumets, en toute humilité, au docteur fashion !


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    mode-personnelle

    Merci pour cette analyse fine et pertinente qui peut faire écho chez certaines personnes. En effet, c’est une explication (mais pas la seule 😉 )


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Avatar de KlondikeKate

KlondikeKate

Mais il très beau, ce sac Claris Virot ! Mais quel sentiment de culpabilité, dis donc… Que son heureuse nouvelle propriétaire ait peur de l’abîmer, c’est une chose, mais qu’elle aille jusqu’à se dire qu’elle ne le mérite pas, parce qu’elle craint d’être estampillée “modeuse frivole”… A défaut de vraiment comprendre ça, je comprends surtout qu’on a tous un vécu différent et donc, plus ou moins de bagages à traîner, normal. Mais encore une fois, quel dommage de ne pas vivre son coup de cœur au grand jour ! Personnellement, je ne possède pas vraiment de belles endormies dans ma penderie. Mes belles endormies à moi sont en réalité des pièces que je ne vais pas porter durant 1 an ou 2, voire bien plus, et que je vais ressortir et reporter avec un plaisir infini.
Quant au côté “indécent” de la chose, se promener dans la rue avec sur le dos un très beau vêtement ou aux pieds une très belle paire de chaussures… Pareil, je ne vois pas (même si je comprends le sentiment). Sortir avec un sac plus basique et moins coûteux ne donnera pas un toit ou plus de nourriture aux démunis. Un don, d’argent ou de soi, ça peut aider par contre, c’est concret… Et sur ce point, je te rejoins sur la question très pertinente que tu poses (aurait-on fait don de l’argent du sac ou du manteau ?).
Une part de mes achats est made in France, et une autre part made in Pas loin et là, une autre vision consiste à se dire qu’on entretient une certaine économie…
Enfin je discute, je discute… 🙂 Merci pour ce billet super intéressant, Isabelle !


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    Merci beaucoup pour cette discussion passionnante ! Je suis d’accord, c’est dommage de ne pas réussir à dépasser ses peurs mais il est toujours temps de les apprivoiser. Et je te rejoins sur les belles endormies que je retrouve avec encore plus de joie, surtout si en les revisitant avec de nouvelles associations.


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Solange

Waouh il est magnifique ce sac et je dois que j’ai du mal aussi avec les vêtements et les très belles pièces j’y fait très (trop) attention je devrai les porter plus c’est dommage!
Merci pour tes précieux conseils, je vais porter mon magnifique chemisier en soie très vite, il y a presque 2 ans qu’il dort dans ma penderie !


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    Formidable ! Il va vite retrouver la lumière du jour.


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Avatar de eveange66

eveange66

Il y a deux beaux articles qui dorment dans mes armoires, bon aller 4.
Une robe Alberta Ferretti achetée sur Ebay juste avant que je ne tombe malade et que je perde beaucoup de poids, et, hélas, avant que la personne pour laquelle je l’avais achetée ne décède ….
Un sac Just Campagne, dont je rêvais, aussi acheté d’occasion mais que je laisse dans son pochon, car je ne sors désormais plus beaucoup.
Et deux superbes paires de chaussures, achetées sur Vinted mais, idem, je sors moins depuis ma maladie, et je porte quasi toujours le même type de souliers.
Alors je sais que cela ne rentre pas dans la catégorie des vêtements trop beaux : en vrai, je n’en ai pas, je porte tout, quand je peux.
La vie est trop courte pour se retenir : ca ne veut pas dire non plus consommer sans compter ni penser mais nous le méritons tous.


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    “je porte tout, quand je peux” : c’est la bonne attitude ! Varier les plaisirs et se réjouir de ces pièces que l’on aime en les faisant vivre.


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Avatar de Natginger

Natginger

Quand j’ai lu l’article, je me suis dis: non pas moi en me souvenant de moi petite, ou jeune fille, ravie d’un achat fait à mon intention par ma mère et celle-ci plaisantant car dès le retour à la maison, le lendemain je me “collais” comme elle disait la paire de chaussures, le vêtement.. Mais c’était rarement quelque chose de tellement beau que je ne puisse le mettre ou peut-être que si.. Mais alors, encore dans l’enthousiasme naturel de l’enfance, oui je me le “collais” sans penser à mal. Ce n’est qu’après, qu’après, comme chantait Brel: le sentiment de culpabilité, de “ne pas mériter” qui joue et pas qu’avec les vêtements… Je peux comprendre la peur de cette jeune femme, de celles dont tu parles, et avoir envie de lui dire ” peu importe, vous le méritez, après ce sera trop tard”, et de me dire “ç’est de la culpabilité judéo chrétienne”; et puis je me souviens qu’on vient de me donner une superbe veste, qui me va comme un gant, somptueuse… Je ne me la suis pas encore “collée”, parce qu’elle est faite pour une soirée ou un évènement élégant, pas pour mon boulot et que j’ai PEUR de l’abîmer…. Voila, c’est la peur de manquer (pourtant on me l’a donnée, je ne l’ai pas payée), la PEUR toujours celle-ci… Une solution, interroger la peur, lui demander quel est son message.. Certes, ça va loin pour un blog mode, mais , les atours sont certainement plus profonds qu’on le croit.


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    Tu n’imagines pas à quel point tes mots font sens avec ce blog. Depuis des années à visiter des penderies et écouter les confidences des personnes que je conseille, je sais à quel point s’habiller est un acte profond. L’habit est notre seconde peau, notre interface avec le monde et avec nous-mêmes. Les vêtements ont un vrai pouvoir thérapeutique.


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Avatar de Petrovitch

Petrovitch

Suite à un atelier que nous avons suivi ensemble, ma nièce porte son très joli petit sac Kenzo plus souvent et de manière décontractée et ….déculpabilisée


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    C’est formidable !! C’est vrai que j’aborde souvent ce point en atelier et rendez-vous. Je suis ravie pour elle et son sac.


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Avatar de Chantal

Chantal

« C’est indécent de se promener avec un sac ou un vêtement cher alors que des gens dorment dans la rue » J’avais eu ce sentiment en achetant une belle montre et ma tante qui m’accompagnait m’a rassurée en disant que je faisais vivre les vendeuses en achetant cet objet! Du coup ça déculpabilise. Sans aller dans l’excès, on achète beau et on le met sinon c’est gaspillé! Merci Isabelle pour ce post. Bonne journée


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    Mais oui Chantal, je suis d’accord. Et quand on fait attention à ce qu’on achète, par exemple en misant sur une qualité qui a un certain prix, on fait plus attention, on a moins envie de gaspiller et on dépense moins. Idéalement.


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jicky

j’avoue avoir du mal à désacraliser mes sandales sabots Prada(achetées 100 euros d’occasion en 2008) que je porte peu (voire pas) mais que je garde comme une pièce de musée!
collection FALL 2006 :
https://everycloghasitsday.typepad.com/.a/6a0120a4dc7abc970b013485376ab4970c-400wi

je les appelle “les fauteuils Renaissance” avec leurs clous et leur cuir piqueté 🙂
Impossible de m’en séparer. C’est trop une “trouvaille”


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    Olala quelle trouvaille ! Tu peux choisir de les garder dans ton musée. Si tu le décides, il n’y a pas de frustration, ce n’est pas la même chance que se priver en se trouvant bête.


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Avatar de violette.b

violette.b

L’achat mode qui chez moi ne relève plus du besoin depuis longtemps doit être un plaisir personnel .
J’ai eu peu d’argent et j’ai rêvé de luxe , j’ai eu de l’argent et je n’ai pas pu claquer des sommes que je jugeais folles pour ce qui m’aurait fait rêver avant , en fait ce n’était pas moi , je sentais plus la distorsion que le plaisir ou le pouvoir que donnent certaines choses ….aussi quand j’hésite si je comprends que je n’ai pas la vie qui va avec je renonce , ce n’est pas heureux de vivre dans la culpabilité , je suis quelqu’un qui assume …..alors parfois c’est délirant …mais je le porte et je rayonne hihi


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    Avatar de violette.b

    violette.b

    @violette.b :Au final je n’ai rien de “trop beau” pour moi 😉


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      Avatar de mode-personnelle

      mode-personnelle

      Oui, c’est le “pour moi” qui compte ! Sous-entendu “à nos yeux”.


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    Avatar de mode-personnelle

    mode-personnelle

    C’est génial ! Et très juste ce que tu dis, cette cohérence avec ses désirs et la réalité de ce qu’on est vraiment.


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Avatar de Corine

Corine

Cette culpabilité là m’étreint surtout avant un éventuel achat que je diffère souvent au point de ne plus en avoir envie … parfois je cède et tardivement donc, mais j’avoue ne pas m’autoriser d’achats trop onéreux de peur de ne pas “rentabiliser” l’investissement … je suis trop versatile !


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Victoire

à chaque fois que j’achète des nouveaux vetements je ressens ça !
Mais ça veut aussi dire qu’on apprécie les belles choses et leur valeur !


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Moi j’aime bien redonner une seconde vie à mes accessoires et à mes habits si possible mais parfois, on a besoin de changer et un peu de neuf ne fait pas de mal !


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